Nouveau Cap !

Partie 2

 

 

Itinérance à 3 sur l'archipel du Cap Vert

 

 

 



Episode 5 – Ilha de Santiago

C.C.A (C'est Ca l'Afrique !)

Assomada, 30 Janvier 2015

 

Ilha de Santiago, Tem corpinho de algodón, Saia de chita cu cordón, Um par de brinco roda pión … comme décrit si bien Mayra a propos de ces grosses ke-blas aux pagnes joliment colorés.

Changer d’ile, c’est un peu changer de pays. Ca redonne de l’élan, du souffle ! Tant mieux car après un mois et demi, on est un peu tannés à dire vrai. De villages en pensao, le mode “backpacker” ne nous sied pas toujours. Nous aimons le voyage, disons linéaire avec une route qui s’ouvre devant nos pas…


 

Mais reprendre la marche avec le farda (euh…le petit) reste plus fatiguant. Essayons donc de savourer ces 7 derniers jours. Santiago n’est pourtant pas la plus douce  des iles.

 

Nous retrouvons l’Afrique noire. Finie la réserve somme toute latine ( ? ) des barlaventos, les gens sont curieux, parlent fort “tudo fich ?!“. Cochons, chèvres, chiens errants trainent dans les rues comme a Ribeira da Barca sur la cote. Ca sent fort, c’est bricolo, y’a des ordures partout… ca vit quoi !

Sympathisons avec un ti couple de français  Elodie et Carol, enregistreur radio en poche, Abel tombe amoureux d’Elodie. French connexion.

Ils font un reportage sonore sur la pêche au Cap vert ; là, ce sont les gens qui exploitent le sable noir (à voir le reportage www.sandgrains.org, qu'on conseil vivement ! ).

Ce qui se passe est catastrophique pour les populations qui vivent du poisson... car il n'y en a plus ! les gros chalutiers aux pavillons internationnaux raclent tout, même les requins, déséquilibrant ainsi tout un éco système -dont les p'tits pêcheurs font partis.

Les travailleurs se rabattent non plus sur le poisson mais ...le sable, voué à la construction, qu'ils prennent sur les bords de plages ; celle de Ribeira Barca a disparu en quelques année.

 

« Souffle Frère, souffle le vent, de ton air tu me libère

Brule Père, brule mon corps, de ton feu je me sens fort,

Terre-Mère protège moi …je suis la preuve de votre foi ! »

Marie- Jo Therio


charpente à l'africaine

Nous finissons notre périple a Assomada, grande ville des montagnes du centre en ébullition, et nous voila intégré grâce a une chouette rencontre capoeristique : Beto, du groupe Liberdade  Expressao professor gradué passionné par son art, et sur-boosté par différents projets pédagogiques qu’il mène de front à cote de son activité d artisan cuir . Il transmet la capou aux enfants des rues dans  le village SOS enfants, nous y faisons une roda et Vi donne un cours avec des p´tits ayant bien l´air amochés par la vie. La capoeira est un moyen fluide pour une super intégration. Shalom capoeira comme ils disent là !


 

Beto connait bien l’histoire de la capoeira et le passé de son pays, il donne quelques conférences.


La population de cette ile presente une morphologie  bien africaine, car les esclaves  gardés sur l´ile de Santiago, vivaient et se  reproduisait entre eux, dans les plantations comme dans les montagnes du nord-est y abritant les rebelados, ceux qui s´enfuyaient. C´est ici que l´apport culturel africain est le plus important. Il transparait aujourd´hui dans les manifestations culturelles, la danse populaire, avec la batuka et la tabanka, et la musique, surtout la funana, dont les rythmes rappellent ceux de l afrique traditionnelle, nous sommes proche des cérémonies Candomblé.

Les gens de l´interieure de Santiago, sont surnomés les Badius, dérivé de vadios qui signifie errant en portuguais, venant du fait que pendant l´occupation portuguaise du pays, les esclaves en fuite erraient dans la montagne , pour survivre ils élevaient du bétail et plantaient des légumes... cela nous rappelle t il pas l´histoire des Quilombo au Brésil ? Des esclaves en fuites se regroupant pour survivre.

 

L´histoire de l´oppression s´est répétée dans maints pays, mais nous trouvons toujours un moment ou des Hommes  ont montres la voie pour vivre en liberte. Eux aussi ont du prendre un nouveau cap vis à vis de leur condition !

 

Abel se choppe une angine, faut voir l' attente au poste de saude ! plus de 2h, ils ne connaissent pas les RV, les tickets...y en avait l´air qui prenaient vraiment leur mal en patience . Le voila donc de nouveau sous antibios comme lorsque on est arrivé ici, la boucle est bouclée !

Le dernier jour au marché, lors des dernières emplettes, tout le monde collé-serré, peu d'espace, la fatigue en prime... Géraud ne s'aperçoit pas qu'un malendrin le déleste de sa bourse. 7000 escudos au moins (70€ ) c'est ca de moins à ramener...

C.C.A.

Quando chegou no mercado modelo modelo...



 




 

Episode 6 - En guise de Conclusion...


Quilombo de Mané Bihan, Inguiniel

 

 

 

Ce Jeudi , il y a un froid givré qui brille dans un soleil éclatant, le poêle ronronne doucement , Toutouig n'est pas très loin, elle fait de même... Une tasse de thé à la main, je m'y remet avec pour mission de "clore" ce voyage.

 Pas évident, puisque tout ce j'écris là, je l'ai déja écrit et développé en direct ... avant l'ordi ne plante et n'enregistre rien ! C'était bien pourtant.

 

 

 Mindelo, des quartiers Relax ...

 
 Cela fait un mois que nous sommes rentrés, cette expérience est en nous mais pas entièrement digérée et pour cause : ce retour correspondait plutôt à un parachutage dans le vif du sujet, retour au travaux. "Back in the spirale", c'est comme ça, l'printemps pointe son nez !

Un mois, c'est passé vite, et c'est plutôt rude, enfin...ça contraste !

 

 

 Plage de Sao Vicente, espaces d'expression pour Abel ! l'escargot des sables ci-contre.

 

Ce voyage, c'est un peu l'histoire d'un replis stratégique en plein hiver.

 Lancés à pleine  balle depuis juillet 2014 sur notre installation, nous sentions bien que qu'à l'automne nous n'avions plus la même énergie, les découragements s'accumulaient.

 Une fuite d'accord... mais une fuite en avant !

 Lorsque j'ai fait mon "burn-yourte" avec le montage de trop en me disant " j'arrête les yourtes !"; il fallait alors reconsidérer la situation. Quitter ses repaires pour plus de lumière !

Effectivement, en prenant le large nous distinguons nettement les contours, les leurs, les signes de faiblesse -signes avant coureurs d'une fatigue où je m'enlisais.

Mais peut-être que le voyage ne vaut que s'il dévoile quelque chose ,que si l'on surmonte une épreuve ( ou en l'occurrence un mal être ), il faut se mettre en risque, je ne dirais pas que ce fut dure, mais quitter son confort de sédentaire ( même en yourte ) pour partager le quotidien chez l'habitant est en soi un apprentissage.


C'est marrant, car je ne me sens pas l'âme d'un voyageur ou d'un "rencontreur", cela fait le quatrième pays Lusophone que je parcours, et je ne fait que baraguiner des mots portuguais...Le voyage  se fait pour ma part bien plus à l'intérieur. Dans les photos, les écrits, les contemplations. Toujours pas à l'aise dans l'échange, jamais je ne l'ai été.

Le vecteur communication c'est Virginie ! Clairement, elle s'interesse aux autres, elle fait l'effort avec patience pour partager . Ce voyage c'est elle qui l'a boostée, qui a gérée le budjet, le moteur quoi !

J'aime à penser que le voyage aide dans la transformation. Apaisés, rassasiés, j'aime aussi l'idée d'être "artistes de nos vies", répondant à nos instincts et pas comme des robots aux 35h ; On s'barre quand on sent que ca part en cacahuète, on revient plus fort pour mettre les bouchées doubles . Mais cette liberté est aussi un jeu d'équilibriste. L'illusion de la liberté de faire ce qu'on désire peut nous emmener dans des pièges.

 Cela nous ramène à qui l'ont est, ce qu'on veut.

 Et partir c'est risquer de revenir de tout.

 

Chaque île était différentes dans la manière de la vivre.

Santo Antao

Ile aux montagnes plongeant dans la mer, vallées spectaculaires contrastées dans l'aridité extreme au sud, et aux terrasses verdoyantes au nord. Un chemin de pierres taillées qui se déroule autour des pics, de la gastronomie de randonneur.

 

 


 

 

 

 

Sao Nicolau

 

 

 

Santiago














Ribeira da prata




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